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Comment gérer une maison de famille… en famille ?

Gérer sa maison de famille... en famille !

Publié le Mardi 28 Janvier 2020

Petite maison de pêcheur à Noirmoutier, blanche villa aux Sables d’Olonne ou grange restaurée dans le Perche… Ce petit coin de paradis hérité entre frères et sœurs peut devenir un enfer si rien n’a été prévu pour en organiser la gestion.

Dans la majorité des cas, un héritage en indivision

Les souvenirs de chasse aux œufs de Pâques, de cabanes dans le jardin, de batailles d’eau semblent loin quand il s’agit de gérer, entre adultes, la maison héritée de ses parents. Dans la plupart des cas, le régime légal qui s’applique est celui de l’indivision pour gérer une maison de famille. Autrement dit, chaque enfant hérite d’une part. Généralement rien n’a été anticipé et cela se fait de manière égalitaire. Ainsi, s’il y a 3 enfants, chacun devient propriétaire d’un tiers de la maison. Il devra donc payer un tiers des travaux, des impôts et autres dépenses… mais aussi s’entendre avec les autres pour l’occupation de cette résidence ! Soyons clair : s’il existe des conflits entre frères et sœurs, mieux vaut prendre les devants et éviter de garder la maison en indivision. Le notaire chargé de la succession est un bon interlocuteur pour trouver une solution.

Gestion, maintenance, planning : un minimum d’organisation pour gérer une maison de famille

Heureusement, il arrive que les choses se passent bien et que tout s’organise de manière fluide. Avec, a minima, l’ouverture d’un compte bancaire au nom de l’indivision que chaque copropriétaire alimente par virement. Mieux vaut également choisir qu’un des propriétaires représente la maison auprès des administrations et lors d’interventions urgentes. C’est alors plus facile quand il faut, par exemple, faire réparer le toit abîmé par une tempête. Il est possible d’aller plus loin en décidant que l’un s’occupe du jardin, l’autre du mobilier, tel autre de l’intérieur… en fonction des compétences. A moins d’externaliser les services, ce qui peut être bien pratique ! Un calendrier informatique partagé (Outlook, Doodle…) aide également à y voir clair dans l’occupation des lieux. Sinon, pour la gestion courante et les petits travaux, les décisions doivent se prendre à la majorité des 2/3. Mais la construction d’une piscine, la vente du bien ou la sortie de l’indivision d’un des enfants demande l’unanimité des propriétaires. Là encore, les tensions peuvent surgir.

La convention d’indivision pour plus d’équité et mieux gérer une maison de famille

Pour parer aux difficultés, la convention d’indivision représente une bonne solution. Elle permet d’organiser la gestion de la maison, comme un règlement de copropriété ou les statuts d’une SCI. Rédigée par un notaire, elle précise les droits des indivisaires, répartit les dépenses, définit les périodes d’occupation, désigne un gérant, indique les modalités de location du bien… On peut aussi prévoir que l’un des enfants ne règle pas l’intégralité des frais d’entretien, mais qu’il rembourse la fratrie à la vente de la maison (ou de sa part). Cela évite de courir après les chèques et permet à un enfant ayant moins de moyens financiers de rester copropriétaire. La solidarité familiale en action !

Louer pour mieux en profiter à son tour !

La convention d’indivision, d’une durée de 5 ans avec tacite reconduction ou d’une durée indéterminée, ne règle pas tout. Mais le simple fait que les choses soient mises noir sur blanc permet d’apaiser de nombreuses situations. Les intérêts de chacun sont préservés et la maison continue d’alimenter les souvenirs familiaux ! Hors de la famille, d’autres en profitent également en cas de mise en location saisonnière. C’est une bonne option pour rentabiliser la maison et alléger les charges d’entretien. Par effet de ricochet, l’accueil de locataires obligeant à garder une résidence bien entretenue et un calendrier à jour, les différents propriétaires profitent encore mieux de leur maison de famille. A savoir : la location occasionnelle en meublé n’est pas autorisée dans le cadre d’une SCI familiale.